Je ne sais pas si vous avez remarqué, enfin, j’imagine que si, vu que vous trainez votre guêtres sur les blogs, mais il est de bon ton sur la blogosphérie de prendre un air outré, sinon dégouté dès que l’on vous qualifie de »blogueuse influente ».
Déjà, même pour certaines, le premier mot déclenche une moue boudeuse. Réducteur, le mot. La vie ne se résume pas d’au blog. On est des No-Life, mais quand même…
Quant au vocable « influente », on arrive limite à la poussée d’urticaire…
Car derrière le qualificatif « blogueuse influente » se cache la récupération marketing façon tête de gondole. Le fait est que le terme est usé dans nombre de powerpoint d’agences de com, et quasi exclusivement par elles.
Maintenant, on peut se poser 2 questions :
- doit-on crier au loup si il arrive qu’on nous l’attribue ?
- et est-il bien approprié ? l’influence en question existe-t-elle ? (OK ça fait trois au total)
A la première question, j’ai envie de dire : franchement je m’en tape. Si ça peut faire plaisir aux marketeux de définir des cases pour vendre leur came : grand bien leur fasse. Et au risque de ne pas être politiquement correcte, si on veut me mettre dans la case de la blogueuse qui a suffisamment de traffic pour intéresser les marques, j’en suis plutôt flattée (que ce soit pertinent ou pas est une autre histoire).
La seconde demande plus de réflexion. Car si le terme « influente » semble si détestable, c’est qu’il induit l’idée que la blogueuse est capable de refiler n’importe quelle camelote sous prétexte qu’elle la trouve à son goût ou – est dans le marketing je le rappelle – qu’on peut la payer pour le faire.
C’est donc là que le bas blesse : la récupération de sa supposée influence.
D’où les réflexions « je ne supporte pas ce terme « blogueuse influente », c’est n’importe quoi, ça ne veut rien dire », etc… comprendre plutôt : je ne veux pas que l’on me considère comme un vulgaire panneau publicitaire média.
Mais au final ?
Ben je crois que oui, au risque de me prendre le contre-pied, je pense qu’il y a une certaine influence. De la blogueuse sur la lectrice, des commentaires des lectrices sur la blogueuse, des blogueuses entre elles. Du moment qu’on exprime, donne un avis, présente une opinion, on est susceptible d’influencer ou de l’être à son tour.
Cela marche bien évidemment dans tout cercle d’amis, de famille ou de collègues.
La différence avec une blogueuse qui a une audience conséquente, c’est :
- que le cercle est beaucoup plus large qu’une consommatrice lambda, tout en gardant une image de proximité.
- que si elle est blogueuse elle a généralement une grande gueule des choses à dire.
Mais cela, si c’est nécessaire, suffit-il à faire d’une « grosse » blogueuse, une influente ? Et l’est-elle systématiquement à chaque billet ?
Non.
Car la lectrice garde généralement son libre arbitre, sauf cas de « fan-attitude » absolu.
Et pour que cette dernière se laisse influencer, il faut qu’elle trouve dans nos propos 2 ingrédients : la légitimité et la sincérité. Les deux étant difficilement récupérables par une opération de com classique.
Reste que dans tout ce que je décris, l’influence est « descendante » : marques/agences => blogueuses => lectrices. C’est la plus visible.
Mais je pense très sincérement que la marche inverse existe déjà. La blogueuse étant un formidable relai direct entre consommatrices et marques. Ces dernières étant déjà à l’écoute de certains blogs (les articles étant répertoriés via les Argus presse et autres, au même titre que les articles magazines), les billets et commentaires qui suivent étant pour elles de formidables études clients (on se souvient de la récente intervention de Sandro chez Deedee).
Par contre, si l’écoute est là, reste à savoir si elle influence réellement…
PS : Réflexion faisant suite au billet de Cam d’Ess, notre collection avec André faisant d’ailleurs une sorte de pied de nez à sa conclusion, je cite « Donc amies blogueuses, le petit conseil d’un modeste pseudo pro du web (hum hum) : bougez-vous ! Si vous voulez vraiment être influentes, arrêtez de vous faire prendre pour des jambons. Allez directement à la rencontre des marques qui vous plaisent, proposez leur une collaboration, plutôt que d’attendre que la plus offrante viennent à vous avec sa collection d’échantillons et d’articles sponsorisés. »
Ben tu vois on y arrive…
PPS : le bonhomme en question suggère également l’absence de chiffres pour étayer cette influence… ah mais si : il y en a ! suffit de regarder ceux des plate-formes d’affiliation…
PPPS : Ah oui et sinon l’illustration n’a rien à voir si ce n’est le titre de l’ouvrage…
PPPPS : c’est sans fin…
Par un sens de l’à propos sidérant voire retors, je vous donne RV cet après-midi à 14h pour un billet sponsorisé. Je ne monétise pas mon influence… je vends de l’espace publicitaire *siffle*
Goodie Bag : L’association Toutes à l’école s’est associée à nos blogueuses BD préférées (si je vous dis Angéline Melin, Adéjie, Clio de Fregon, le tout marrainée par Pénélope Jolicoeur) pour proposer un petit recueil intitulé « Un peu plus de légèreté dans un monde de filles » :
C’est disponible partout je ne sais pas mais déjà sur Amazon. Cela coûte 12, 90 et tous les bénéfices seront versés à l’association qui s’efforce de faire scolariser les petites filles cambodgienne.
Ou comment s’offrir un petit moment de détente en faisant une bonne action.



















