et pas n’importe quel BUS… le 88, soit la ligne Beilun-Ningbo. 40 minutes de sueurs froides version le bus impérial dans l’épisode 2 (je crois) d’Harry Potter.
Pas de demie mesure : à l’arrêt, ou à fond.
Pas de supermarché à Beilun je disais (enfin, les 2 premières années, après il a poussé une espèce de Carrefour taiwanais à la sortie de la ville), donc pour se sustenter il faut bien aller faire les courses. Et pour faire les courses il faut prendre le bus.
Là il convient de se faire soigneusement expliquer le principe au préalable par un collègue bilingue, car une fois laché dans la nature, vous pourrez toujours courir pour demander un renseignement…
Il faut donc :
- aller à l’arrêt de bus. OK. Là ce que l’on ne vous dit pas c’est qu’il va falloir tourner autour de l’arrêt jusqu’à ce que le bus arrive, histoire de jouer à cache-cache avec la bande de mendiants professionnels (canne et bol en émail blanc, hypra méga collant, voire un chouille aggressif. Entendons-nous bien, j’ai rien contre les mendiants : mais pas en bas de chez moi : tu donnes à un, le lendemain tu en as 10 devant ta porte, et vu comme ceux-là trottent, ils pourraient faire autre chose)
- Repérer le 88 : là c’est cool, les numéros sont comme chez nous.

- Préparer la monnaie : 3 kuais. JAMAIS ils ne rendent la monnaie, les bus. Du coup tu dois t’arranger pour la faire avec les autres passagers.
- Examiner les places assises… (on a eu l’immense privilège d’être en début de ligne, 2 arrêts plus tard, la musique est légèrement différente et ca joue du coude)
- Soigneusement choisir ta place assise : et ca, c’est l’expérience qui parle. Tout devant, ca va pas, car tu vois tout ce qu’il se passe sur la route et croyez-moi c’est pas bon pour votre coeur.
Tout derrière ca va pas non plus : c’est sur les essieus, tu vas passer le voyage à rebondir et à te taler le derrière, le power plate à côté, c’est pour les fillettes.
Au milieu, vers la porte : grosse erreur, c’est LA, et pas ailleurs que viendra se mettre le mec avec sa caisse de poissons/crevettes
Entre l’entrée et la porte : premier tiers donc. Pas bon non plus. Les sièges sont parallèles à l’allée et tu vas te retrouver avec 2 chinois sur les genoux au premier coup de frein.
2ème tiers : derrière la porte. Le pire : LES CHINOIS DES CAMPAGNES SONT MALADES DANS LES TRANSPORTS (et ca inclu les ascenseurs), et ils se mettent légèrement en retrait de la porte.
Pas le choix donc : il faut se mettre à l’avant-avant dernière place.. à droite (sinon tu auras le soleil pleine poire pendant le trajet… avec l’odeur du poisson en prime tu ne t’en remetteras pas…)
Là, si tu arrives à faire abstraction de la jeunesse chinoise qui hurle dans son téléphone portable, à rester plus ou moins en position de sécurité (les bras croisés sur le dossier de devant pour parer à tout freinage rigoureux) et à garder le nez dans un chèche parfumé (rapport à la caisse de poissons du mec) : tu auras passé un voyage à peu près acceptable.