L’amie des bêtes…

Il y a 8 ans…

La mode était aux lunettes rondes
Je vivais en Guyane
Avec le Zhom, déjà
J’étais Microbe free
Bump free
Et il n’y avait aucun magasin à la ronde

Si j’avais eu un blog à l’époque vous auriez eu droit à ça :

Une bonne vieille Matoutou de Guyane, variété de mygale quoi
(c’est marrant ces bestioles, ça fait des guilis quand ça marche sur le bras. Si, si)
Ca rend plutôt bien sur le t-shirt blanc du Zhom, non ?

Yep, ceci est un python. Constrictor le bestiau. On dirait que je fais la maligne là, mais en fait non…
A droite, une petite fierté personnelle : MA prise (enfin, heureusement que le Zhom a aidé au moulinage de ligne…) lors d’une sortie pêche au gros : un acoupa d’une bonne douzaine de kilos. Acoupa que l’on trouve seulement en Guyane et qui est avec le vivaneau / snapper sans aucun doute le MEILLEUR poisson du monde (forcément, on ne trouve rien de tout ça en France…)

Survivre dans la jungle amazonienne ?
Trop facile : un hamac en nylon camouflage acheté à la légion étrangère, une moustiquaire et hop !
(et un stilnox parce que j’arrive pas à m’endormir autrement que sur le ventre…)

Parce que c’est pas le tout de rentrer en France, de faire des Bumps et tout ça… mais faudrait voir tout de même à ne pas TROP se mimiliser…

PS : oui bon, j’ai remis la main sur les vieux albums photos et je me dis qu’il faudrait que je scanne tout ça…

The Bump News : retour à la réalité.
Préambule : vous êtes au point en Friends ? la série ? et en VO ? Parce que si non, ça ne va pas vous parler beaucoup. Faut dire que repos oblige je suis en train de tous mes les refaire…
Je viens de finir mes cours de préparation à l’accouchement. Ceux là même qui m’ont fait flipper alors que j’étais parfaitement zen. Un comble car ils comprenaient des sessions de sophrologie. Dont le but tout de même est de préparer et relaxer la femme enceinte.
Sophrologie donc. Je résume le principe : vous fermez les yeux et un animateur vous guide dans tout le processus de relaxation : du haut du crâne jusqu’au dernier petit orteil, tout y passe, le tout en visualisant un objet naturel (perso j’ai mon pin parasol, cherchez pas). Le plus femme enceinte ? une étape « travail » pour plus ou moins vivre en avance son accouchement.
Donc c’est à ce moment que la sage-femme meneuse de l’affaire nous dicte, je cite :
« Vous passez de l’état de relaxation à l’état de vigilance »

Et *POF*
Je vois la tête de Ross qui fait « UNAGI ! »

Méga banane et crise de fou rire refoulée.
Comment voulez vous vous concentrer sur la position pour la poussée après ça…

Note : ca aurait très bien pu également faire Jean-Claude VanDamme et « AWARE »… c’est venu après…

Made in China : le 08/08/08

Vous l’aurez tous remarqué, vendredi dernier : le 08/08/2008 a été donné le coup d’envoi des jeux olympiques à Pékin (en même temps je ne sais pas comment vous auriez pu y couper).
Et peut-être avez vous également noté, au gré des commentaires, que cette date n’a pas été choisie au hasard par les autorités chinoises.
En effet, le 8 est LE chiffre porte-bonheur en Chine. Symbole pris très au sérieux par la population et leurs autorités.
Plus que porte-bonheur même, le 8 est un signe de prospérité. En gros : plus de 8 pour gagner plus de sous, donc avec pas moins de trois 8 dans la date, on est plutôt bien parti.

Les chinois, dans leur pragmatisme, ne s’embêtent pas d’une quelconque morale judéo-chrétienne et lorsqu’ils prient ou déposent des offrandes dans les temples, c’est avant tout pour se souhaiter plus d’argent. Notion intimement liée au bonheur. Un exemple : demandez à n’importe quel jeune d’une des grandes villes côtière ce qu’il aime faire le week-end, quels sont ses hobbies. Il répondra – indépendamment de son sexe : le shopping ! Point de sport, de ciné ou de jeux vidéo. Non, le week-end la jeunesse envahit les centres commerciaux.

Mais je m’égare.
Le 8 donc.
les chinois sont près à payer des fortunes pour avoir un numéro de portable avec le plus de 8 possibles. Les plaques d’immatriculation comportant des 8 s’envolent aux enchères.
Mieux, les mariages ont explosé vendredi dernier (plus de 16000 rien qu’à Pékin) et un nombre incroyable de naissances ont été programmées pour cette année, voire programmées – ce fameux 8 août - par césarienne.

Le 8 est également un élément marketing à ne pas prendre à la légère, d’où le succès prédit de l’A380 en Chine et le choix du 787 pour le nouveau Boeing.

A l’inverse, le 4 est très mal considéré. En effet, 4 se dit en chinois « si » (prononcer  » sseeeuh »), prononciation très proche du mot « mort ».
J’ai entendu lors des commentaires de la cérémonie d’ouverture, que cette superstition n’avait cours que dans le sud vers Canton. Je ne suis pas d’accord. Encore au niveau de Shanghai en sont pas rares les grattes-ciels et les immeubles d’habitation passant allégremment de l’étage 3 à l’étage 5.

A défaut de taoisme ou de confucianisme, combattus par Mao : un mélange d’argent et de superstitions : voilà la nouvelle religion chinoise.

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Goodie Bag : allez, parce qu’on n’est jamais sérieux plus de 5 min sur ce blog, je vous rapporte une petite blague qu’on m’a racontée ce week end (graveleuse, la blague… j’y peux rien, je ne retiens que celles là…)

C’est une jolie femme, mariée, mais dont le couple bat un peu de l’aile. Elle ne sait plus trop quoi faire pour que cela aille mieux et elle se rend donc chez son psy.
Qui lui conseille de changer d’air, de prendre des vacances pour faire le point.
Ca tombe bien ! répond-elle, j’avais prévu d’aller aux Antilles.
Là voilà donc arrivée sur la plage de St Anne, en petit maillot de bain tout sexy. Là son regard croise celui d’un black extraordinaire.
Arrive le soir, en boite, par un hasard comme on n’en fait plus, son regard croise à nouveau celui du black, un vrai Apollon. Coup de foudre réciproque, ils passent la nuit ensemble.
Et la suivante
Et la semaine qui suit.
Le dernier jour, avant le départ, tout de même elle lui demande :
« Mais au fait, je ne connais même pas ton prénom »
« Tu vas rire », lui répond-il, « mais je m’appelle Neige »
« Ouh là, mon mari ne va jamais me croire quand je lui raconterai que je me suis prise 20cm de neige pendant 10 jours… »

Oui, bon, pas la peine de laisser un commentaire sur celle là…. *siffle*

Made in China : le mariage

Aparté : arff… personne n’aime les espadrilles c’est ça ? N’en rajoutez pas, votre silence est éloquent. M’en fous, ce sont mes madeleines à moi, et j’irai passer ma semaine dans le sud habillée plouc des pieds si ça me chante (en même temps on va à Port Camargue, hein, c’est pas St Trop’ non plus…)

Le mariage chinois donc. A l’aune des préparatifs olympiens et du battage sino-médiatique dont on va avoir droit, je me rassemble et vous fais à nouveau quelques billets « souvenirs d’expat ».
D’ailleurs le battage a déjà commencé si j’en juge tous les reportages, Envoyés spéciaux et cie dans l’empire du milieu. C’est d’ailleurs suite à l’un deux que j’ai eu envie de faire ce billet. Il y a 15 jours, le mariage (re)célébré pour de faux et pour la photo de jeunes chinois dans la Loire, avec visite de Paris en bus façon japonaise incluse.
(d’ailleurs, pour le revoir : cliquez ici, merci à la Lyonnaise Masquée…)

Et bien le mariage tel qu’il est pratiqué actuellement, enfin pour être honnête celui auquel j’ai assisté, est un peu un mix de la culture traditionnelle chinoise et de la nôtre. Influence occidentale de la mode et des magazines je dirais. Si le coeur du truc reste chinois : mariage civique + « jeux » entre les deux familles (le futur mari devant aller « kidnapper » sa dulcinée, la famille de celle-ci faisant semblant de la protéger), la soirée est un peu curieuse.
Repas qui commence à 18h (chinois, car je ne parle pas d’amuses bouche mais direct du crabe farci dans l’assiette) MAIS mariée qui accueille les invités en robe blanche. Pour se changer plus tard en QiPao rouge traditionnelle et finir en robe du soir. Entre 18 et 21h30, c’est un exploit. 21h30 heure à laquelle le marié sera fin bourré, vu qu’il a fallu qu’il fasse des gambei (culs secs) à la bière et au pinard avec tout le monde, afin d’honorer chaque invité et plus particulièrement les membres de la belle-famille.

Pas de soirée dansante, mais un banquet classique sur les tables à plateau tournant. Et accessoirement quelques animations comme le marié qui doit tourner à toute vitesse autour de la table avec sa femme sur le dos.
Et des photos
Et une vidéo
Et surtout des photos.
Tout est tellement orchestré pour les photos d’ailleurs, qu’il y a tout de même quelques détails qui sonnent singulièrement creux.
La pyramide de coupes à champagne. Que l’on remplit, savez on part de celle du dessus et ça dégouline pour finir par remplir celles du bas. Les mariés remplissent. Photos.

Et pis rien.
Le Zhom tout de même décide de se servir. Quoi. Flûte (nan, coupe on a dit)
Et recrache illico.
Faux champagne et vrai jus de pomme (?) à bulle. C’était là que pour faire joli, on trinque au gros rouge.
Ou le gateau. Les mariés en photo qui coupent le gateau. Et la serveuse qui enveloppe des parts dans des poches en plastique pour distribuer aux invités qui s’en vont.
Curieux donc. Mais le truc c’est que, malgré tout, les photos que les mariés vont fièrement exhiber (souvent en poster limite 4 par 3 dans leur salon d’ailleurs), et bien elles ont été faites AVANT. Mais genre 1 mois avant.

Et pour ça il faut aller dans un magasin spécial. Toutes les villes en sont bourrées. Un vrai business : c’est un mix entre studio photo, coiffeur, et magasin de fringues. On y va prendre RV, on négocie les tarifs (toujours) et on choisit le nombre de photos (en décors, extérieur…) et le nombre de tenues (5 semble être le minimum pour le chinois standard).
Et après on y passe la journée.
En robe de mariée, en qi pao, en kimono… déguisée en ce que vous voulez quoi. Zhom y compris (y’ a même la tenue de samouraï ou la traditionnelle coréenne). Platra de fond de teint sur la figure et chignons postiches.
Pourquoi je vous donne les détails ? Et bien parce que le Zhom et moi même nous sommes piqués au jeu et avons fait notre livre de photos de mariage (posthume… 6 ans après. D’façon on s’en fout c’est jamais synchro ce truc je vous dis).

C’est d’un kitsch sans nom mais ça fait un super souvenir, allez je vous ouvre quelques pages pour le plaisir (et en plus ils font ça avec montage photoshop, poèmes chinois, slogans anglais et tout et tout…) :

Je sais, le Zhom veut être flouté, alors je floute…

Version chinoise tradi

Version japonaise (‘tain au moins 3kgs de perruque sur celles là, bonjour le mal de nuque…)

Version Hollywood
Pour le choix des robes ça a été tout de même HYPER limité, rapport au 80B maxi des autochtones. La robe est d’ailleurs souvent pourvue des gros patchs de mousse à l’emplacement prévu…

Le grand écart

Il y a quelques années (de 2003 à 2006), ma vie se passait là :

Yep, Beilun, Chine, les champs de containers, les grues, les usines qui fument…

Et puis nous avons passé une année ici :

Banlieue nord de Mexico.

Donc forcément, vu que cela va faire un mois que nous squattons chez les beaux-parents, dans la campagne profonde charolaise, il faut procéder à quelques ajustements…

Car vous savez quoi, quand le Zhom va courir, l’air est tellement pur : il nous choppe des crises d’asthme ! M’est avis qu’il faudrait qu’on aille régulièrement en cure, respirer le périph parisien !

L’Inde et ses voitures pas chères

Attention chères lectrices, ceci est du lourd, à savoir plutot diesel qui pue que sans-plomb 98. J’abandonne le temps de ces quelques lignes la thématique shopping-froufou-bouts de tissus chère à mon coeur pour évoquer un sujet plus grave et forcément bien moins réjouissant.
Sujet qui m’a été dicté par l’observation conjointe du ciel au dessus de ma tête (photo prise d’avion le 7 janvier dernier) :

et de cette dépêche Yahoo (les news du monde rappelez-vous, ou comment ne pas passer à côté d’une info aussi capitale que le décès de la soeur ainée du Roi de Thailande).

Autrement dit ce fabuleux camaieu d’orange et de gris qui peint les cieux de Mexico, et l’annonce fanfaronne de l’Inde qui commercialise une crotte pas plus grosse qu’une Smart mais qui coûte 10 fois moins : la voiture la moins chère du monde.

Voiture de marque Tata (marrant j’ai des chaussures chinoises brandées pareil) qui a grosso-modo la taille d’un pousse-pousse, et qui est TRES loin de vouloir passer le barrage des normes européennes en matière de sécurité et de pollution (des crashtests européens seraient en cours : on va rire) mais qui est toute à fait apte à l’import en Chine.

Au regard de ces deux observations, je m’interroge : En quoi la commercialisation d’une telle voiture à 1800 euros - pour permettre au plus grand nombre des 2 milliards 4 cumulés de l’Inde et de la Chine d’avoir accès au symbole des pays développés - est-elle un progrès social ??  OK, vous allez me dire : c’est bien une réflexion de nantie qui utilise sa bagnole tous les jours sans y penser. Mais laissez-moi développer :

Je ne voudrais pas trop parler de l’Inde – que je ne connais pas – mais il me semble tout de même que ce pays souffre d’un manque cruel d’infrastructures auto-routières. Quant à la Chine (là je m’y aventurerai plus volontier, y ayant vécu 3 ans), avec un parc automobile qui était équivalent à la France en 2004, les routes et les villes étaient déjà saturées. (parc automobile équivalent : 50 fois plus de morts par jour sur les routes, j’avais fait le calcul). Une étude chinoise avait rapporté que si on donnait une voiture à un propriétaire de vélo sur deux il serait tout bonnement IMPOSSIBLE de circuler, voire même de se garer : les places sont inexistantes. C’est un fait : l’individualisme occidental n’est pas adapté à la démographie indienne ou chinoise (sans compter que niveau altruisme, faudra m’expliquer en quoi c’est bien de permettre aux indiens de s’endetter pour 10 ans pour une bagnole qui tombera en ruine au bout de deux) même si le consumérisme européen ou américain est là bas érigé en exemple.
Ca c’est pour le côté pratique de la chose.

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Made in China : Les slogans

Si il y a un truc qui surprend en Chine, ce sont ces gigantesques affiches avec des slogans à la gloire du pays, ou pour l’achèvement de ceci ou cela. Généralement à l’entrée des villes, ou dans des zones en développement. Souvent aussi à l’entrée des sites touristiques.
Héritage maoiste j’imagine. Pendant la révolution culturelle, les étudiants étant obligé de créer ces « big character poster » à la gloire de Mao et du communisme. (bah.. pour remplacer les cours d’EMT..)

Mais ce qui est marrant c’est qu’ils sont maintenant systématiquement traduits en anglais.. et heu.. comment dire.. ça laisse pantois.

Des exemples à l’entrée de Beilun : grosse bourgade industrielle-polluée dans laquelle je vous le rappelle nous avons passé 3 ans :

Tiding over difficulties to achieve brilliance (surmonter les difficultés pour rencontrer l’excellence). Avec des plateformes pétrolières en toile de fond.. so romantic

Security of Beilun – Contructing together a peaceful home (la sécurité de Beilun : contruisons ensemble un foyer paisible). J’adore l’envol des oiseaux.. quand on sait qu’il n’y en quasiment plus en Chine… Tous massacrés durant Le Grand Bond en Avant ou je ne sais quelle campagne de Mao qui avait décrété les oiseaux comme nuisibles car ils mangeaient les graines du peuple. Moralité, plus d’oiseaux, insectes en pagaille, récoltes gâchées, famine, etc etc….

Bon celle là j’arrive pas à lire et je ne me souviens plus de ce qui était écrit.. vous remarquerez juste qu’ils ont pris des laowai (étrangers), qui ont l’air mais super contents d’être là (put your hands in the air…). D’ailleurs il y a quelque temps, avant l’arrivée de mannequins professionnels, si vous étiez occidental vous aviez de grandes chances de vous retrouvez mannequin en Chine (d’ailleurs, il est encore possible dans les petites villes de se faire « scouter » dans les bars à expats, c’était arrivé à Zhom..)

Alors celle-là c’est ma préférée : Ecology of Beilun – creating a harmony between human and nature (écologie de Beilun : créons une harmonie entre l’humain et la nature)
Il est ô combien dommage que vous ne voyiez pas l’arrière-plan (pas de panoramique, photo prise dans le taxi..bref), car vous aviez respectivement à gauche et à droite :
- une grosse usine avec des tas de cheminées qui fument (noir) et des containers à perte de vue.
- un lot de 3 palmiers en plastiques, un vert, un jaune, un rouge. (TOUT en rouge hein, tronc y compris)
Les chinois ne sont pas trop sensibles à l’ironie je pense..

Le problème étant vous l’aurez compris que la plupart des slogans chinois sont quasiment intraduisibles… et sont systématiquement en décalage complet avec la réalité.. mais ça ne dérange personne.

Made in China : petits papiers et tampon rouge

ou pourquoi la mode du « 0 papier » n’est pas prête d’arriver en Chine.

Lors de votre premier jour de travail, on vous remet précieusement un tube de colle blanche liquide…
Soit, dites vous, mais étant donné que vous avez également la chance d’etre muni d’une agrafeuse, pour votre première note de frais vous agrafez consciencieusement tous les justificatifs à votre petit papier. Mais, voilà, le tout vous revient pleine face 2 jours après et vous êtes prié d’utiliser la fameuse colle « en haut à gauche ».

Depuis vous vous maculez régulièrement et les doigts et votre bureau, en pestant contre les habitudes chinoises…
Au bout de 6 mois nous avions percé le mystère ! La faute aux archives ! Effectivement, on peut observer au bureau des finances une énorme machine à trouilloter (je parle pas de la petite perforatrice, mais du gros truc à levier) et régulièrement les piles de notes de frais sont trouillotées EN HAUT A GAUCHE, là ou il y a la colle et consciencieusement ficelées et mis en tas pour les archives… Forcément, une agrafe là au milieu et c’est le bordel….

Et ce n’est pas le seul pré-requis à la note de frais chinoise. Tout papier, pour être officiel, doit être tamponné. En rouge. (le noir ca marche pas)
Je vous explique pas la galère quand vous avez oublié de faire tamponner la facture.
Yep, la signature n’a pas de valeur légale. Seul le « sceau » officiel en a. (je ne parle pas des particuliers). Et celui qui a la garde du sceau a le « pouvoir du crâne ancestraaaal » (heu non c’est autre chose…), enfin le pouvoir absolu quoi.
Et dans les boites, il est gardé dans le coffre fort.
Et pour avoir accès au sceau (genre pour signer un contrat, payer un truc, que sais-je encore…), il faut un papier… officiel… donc avec un autre sceau, que détient une autre personne… vous commencez à entrevoir pourquoi des fois l’expat en Chine provoque d’irrémédiables maux de tête chez les occidentaux.
Jusqu’au jour où vous trouvez l’astuce : ils veulent un tampon rouge ?? OK, je vais leur en donner. Et vous allez à la petite échoppe du coin vous en faire fabriquez un au nom de la position que vous occupez dans la boite et c’est plié !
( testé et approuvé par le Zhom quand il était responsable du département qualité, comme quoi des fois un peu de pragmatisme ne nuit pas)

Made in China : indispensable Mingpian

Que vous alliez en Chine pour le boulot ou pour les vacances (et plus généralement en Asie) vous allez OBLIGATOIREMENT revenir les poches pleines de mingpian !
C’est un incontournable. Impossible de se présenter à quelqu’un sans tendre AVEC les DEUX mains et en inclinant la tête le précieux carton, je veux bien sûr parler de la Carte de Visite !
Impossible d’ailleurs non plus de repartir d’un magasin sans une pile du fameux truc (des fois que tu voudrais le recommander à tes potes).
Il doit y avoir toute une industrie derrière.
Je subodore même que la mingpian chinoise soit à l’origine de la déforestation mondiale voyez.
Bref.
Donc au début vous trouvez ça plutôt agaçant. Surtout que c’est limite une religion ce truc là. La déférence avec laquelle ça se manipule et se range dans des petites boites métalliques (sauf que vous ça atterrit IMMANCABLEMENT dans la poche du jean qui passe à la machine…)
Mais après quelques trajets en taxis durs de la feuille, qui n’ont de cesse de répéter « gei wo mingpian, mingpian, mingpian *  » rapport à votre accent pitoyable. Vous vous trouvez à les collectionner, voire à les quémander et les garder dans un petit livret spécial qui fera bientôt l’épaisseur du bottin parisien dans votre sac à main.

Rigolez pas : c’est VITAL cette chose là.
Et dans les rencontres d’expat’, ca s’échange comme des cartes Pokémon même. Je t’échange le super resto de Shanghai contre le génial tailleur de Hangzhou.
Et le jour où vous êtes vraiment assimilé, en plus de votre mingpian professionnelle à deux faces (anglais / chinois), vous vous retrouvez à en faire une perso, pour que vos potes réussissent à expliquer au taxi comment arriver chez vous…

* : donne moi la carte de visite !

PS : yep, ça c’était la notre.. je suis pas sûre que les chinois appréciaient l’image d’Epinal, mais bon..
PPS : et mon petit nom (à gauche) en chinois c’était Xi Xi, prononcer sissi, comme l’impératrice quoi… parce que Cécile ils y arrivaient vraiment pas…
PPPS : et vous savez quoi ? je viens d’en retrouver encore DEUX dans mon porte-feuille… c’est comme les francs depuis le passage à l’euro, dans 10 ans on en retrouvera encore..