Les billets sur Dim Osmose et les campagnes Buzz Paradise n’auront échappé à personne, les annonceurs s’intéressent de plus en plus aux blogs en tant que supports promotionnels. J’en avais d’ailleurs parlé ici. Et dans le même principe que Bloggerwave, une société française vient de voir le jour : ebuzzing, qui propose de rémunérer des billets écrits par les blogueurs, appelés « billets sponsorisés » donc.
Le principe est le même que pour Buzzparadise – que beaucoup connaissent déjà – on inscrit son blog et on a accès à un liste de campagnes en cours auxquelles on peut choisir de participer, avec le nombre de billets « à vendre » restants.
La campagne choisie, on réserve donc son « billet » et on a 72h pour le rédiger et le soumettre à l’approbation de ebuzzing. Ces billets étant rémunérés à 5 euros min, disons 10 euros de moyenne. Dans le jargon de cette compagnie cela s’appelle « ebuzzing network« .
Je reste TRES réservée sur le principe, un billet personnel rémunéré un pouillième plus que peanuts, qui va se retrouver sur une centaine de blogs en moyenne, bof. Même si j’apprécie le fait que ebuzzing (contrairement à son modèle et précurseur américain Payperpost, sujet à moultes polémiques d’ailleurs) ai mis en place une charte éthique et oblige les blogueurs participants à mettre en tout de début de billet un icône « billet sponsorisé » (oui, le bitogno visible en haut à gauche de ce blog, la première campagne proposée étant sur ebuzzing lui-même).
Selon moi le seul côté intéressant et un poil plus novateur de ebuzzing est leur 2ème produit : « ebuzzing direct » qui donne la possiblité aux annonceurs de démarcher les blogueurs pour leur proposer « en direct » un billet sponsorisé, au TARIF CHOISI PAR LE BLOGUEUR. Oui, c’est vous qui décidez : OK je veux bien faire un article, mais pas à moins de tant.
Donc là évidemment cela semble plus intéressant pour les blogueurs « influents », ebuzzing se chargeant de faire une estimation de la « valeur » de votre billet. Et c’est là que ça coince à nouveau pour moi. Car comment est évaluée cette fameuse valeur ??
Et bien elle se base sur des indices tels que le pagerank Google ou encore le rank de technorati, et c’est là que je m’insurge ! Le pagerank Google n’étant mis à jour que 2 fois par an, je vois mal comment il est adapté aux blogs, blogs qui naissent, meurent, évoluent en quelques semaines. De plus il est calculé (comme Technorati) en partie sur le nombre de liens pointants vers le blog. Plus un blog a de liens, plus il est censé être de qualité. Or c’est un calcul qui est complètement biaisé, les blogs étant sur des plateformes type canalblog ou hautetfort bénéficiant de nombreux liens de manière totalement automatique et artificielle !! Par le biais de widgets « derniers blogs mis à jour affichés par de nombreux blogs par exemple, ou de liens sur la plateforme elle même. Alors que les blogs « en URL propre » souvent sont plus pros mais ne bénéficient d’aucun coup de pouce.
J’en veux pour preuve ce blog-ci.
Avant de me lancer dans le bidouillage de Dotclear (en juin dernier), j’étais chez Hautetfort, et je me suis amusée à calculer la valeur de ces deux blogs (le vieux, le neuf) avec l’outil « how much is my blog worth » (qui est basé sur le classement Technorati), ce qui nous donne :
et pour l’ancien :
Yep, le vieux bidule abandonné depuis juin chez Hautetfort vaut 10 fois plus que mon blog actuel qui draine pourtant en gros 5 fois plus de visiteurs…. vous avez dit « pipeau » ?
Sans mentionner le fait que selon les cibles visées, l’impact d’un billet sera différent.
Bien sûr, ebuzzing nous donne la possibilité de revoir son prix, mais je me demande sur quoi les annonceurs vont se baser pour faire leur choix.
Bref.
Vous l’aurez compris, je me suis inscrite, j’observe, mais je reste dubitative sur ce genre de pratique. Le mieux étant d’être en contact direct avec un annonceur potentiel. Le problème étant que face à la prolifération de blogs de qualité, les annonceurs ne sont plus en mesure de faire une veille directe et se tournent de plus en plus vers des sociétés tierces.