Bon… vous connaissez déjà le bus et le point d’entrée de la ville de Ningbo, à savoir : jia le fu (le carrefour pour ceux qui suivent pas..)
Là, soit vous êtes chargés et vous voulez rentrer chez vous, soit (soyons fous) vous décidez d’aller au centre-ville. Dans un cas comme dans l’autre, la solution la plus simple (ahem) c’est de prendre un taxi.
Déjà, faut en trouver un. Non pas que ca manque (une voiture sur deux en est un) mais c’est plutôt que les clients sont nombreux. Donc c’est la guerre. Après avoir agité le bras en cassant bien le poignet, il va falloir piquer un sprint si le taxi daigne s’arrêter.
Là il faut choisir son camps : soit à l’avant avec toujours ce problème de stress innérant à la conduite sportive du pilote, soit à l’arrière, le nez sur la grille en alu censée protéger le chauffeur contre ses passagers, avec le désagréable pressentiment de finir en frites en cas d’accident.
Parce qu’il y a également le délicat problème de la ceinture de sécurité (si ceinture il y a et si son fonctionnement est possible). Car, en tant que Laowai (étranger) vous êtes le seul à insister pour mettre une ceinture, donc non seulement vous essuyez les ricanements du chauffeur (oh il met sa ceinture : il a pas de cou***les) vous essuyez également la dite ceinture et vous retrouvez avec un zébra noir en travers de la poitrine à la sortie du taxi. (marrant d’ailleurs quand la loi obligeant le port de la ceinture – à l’avant seulement – a été promulguée, tous les chinois arboraient leur zébrure noire).
Bon, ca y est, vous êtes installé.
Maintenant faut quand même indiquer là où on va… hé hé… attends, on vous la fait pas hein, ca fait 3 mois à fond dans Assimil, le chinois n’a plus de secrets pour vous :
- « yo yao qu Tian Yi Guang Chang » *
- » … «
- « y-o y-a-o q-u T-i-a-n-y-i G-u-a-n-g C-h-a-n-g »
- « Chenme? » **
- » YO YAO QU TIANYI GUANG CHANG ! »
- « CHENME ? »
- YO YAO QU TIANYI GUANG CHANG ! »
- « Ah ! tianyiguangchang »
Rhaaaaaaa, mais putain, ca fait 2h que c’est ce que je dis !
(* : je veux aller à la place TianYi
** : quoi ? )
Va falloir vous faire à l’idée, que même en essayant tous les tons possibles de la langue chinoise au prix d’efforts incommensurables, ca ne sera jamais gagné (les rares fois où les taxis vous comprennent du premier coup : vous mettez une croix sur le calendrier, en même temps j’ai jamais pris de lecon, c’est peut-être pour ca..)

Et là : vroum, sport racing dans la ville, c’est la loi du cm gagné qui prime ! même si ca bouchonne 100m plus loin, tant pis, j’accélère à fond quand même.
Et sur la banquette arrière ca fait :
« mais non, ca passe pas, ca passe PAAAAS ! »
« Ben si c’est passé »
Remarquez que vu la tronche cabossée de la majorité des taxis chinois, y’a bien des fois où ca passe pas.
Il y a aussi le coup du capot qui s’ouvre sur la voie rapide… rigolo.. tient fait tout noir…. 2 fois de suite d’ailleurs, le chauffeur a pas compris que si il accélère, ben ca s’ouvre à nouveau hein.. vu que le bitogno est cassé.. Il a fallu qu’on y aille de notre sac plastique de courses (jia le fu, vous suivez) pour rafistoler le bidule et rentrer tranquille, nan parce que se recevoir le capot sur le pare-brise ca va 5 minutes.
Bref, point positif tout de même des taxis chinois (en tout cas ici, dans les endroits touristiques c’est une autre histoire..) le compteur marche et ils ne vous arnaquent pas.
Ceci étant dit, je pense que la plupart des taxis seront renouvellés et tous neufs pour les JOs de Pékin, il paraît même que les chauffeurs pékinois recoivent des cours d’anglais.. c’est plus ce que c’était..
PS : non vous ne rêvez pas, c’est bien l’un des TROIS Picasso de Ningbo.